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L’Echappée Belle, l’Intégrale – 21 au 23 août 2020

L’Echappée Belle, l’Intégrale – 21 au 23 août 2020

« La belle échappée,

La belle épopée,

La belle qui donne tout,

La belle rescapée »

L’Echappée Belle : c’est la haute traversée du massif de Belledonne en Isère, en empruntant le GR 738. Une course de choc, hors normes comme tout ultra-trail, mais plus particulièrement celle-ci, par sa technicité extrême et ses sentiers d’altitude difficiles d’approche, qui en a fait sûrement la plus difficile que j’aie pu faire jusqu’à présent. Mais c’est aussi une belle aventure, que je vais revivre intérieurement pendant quelque temps.

Dans le contexte actuel des mesures sanitaires draconiennes pour les organisations de trails, j’étais persuadée que cette course n’aurait finalement pas lieu, d’autant plus que ceux qui s’étaient inscrits (à partir de janvier 2020) avaient reçu un mél le 21 juillet stipulant que l’organisation n’avait pas toutes les autorisations nécessaires … Cela me rassurait paradoxalement, car je ne me sentais pas prête du tout et j’imaginais que le rendez-vous serait reporté, comme bien d’autres l’ont été auparavant. De plus, je n’avais rien organisé pour ma logistique de course.

Mais comment envisager de faire 149 km avec 11 400 m de D+ après :

– 2 mois de pause sportive, avec de la fatigue et du surmenage professionnel en raison de la crise sanitaire, et donc par la suite une reprise laborieuse et sans grande motivation.

– l’annulation des courses de préparation que j’avais programmées en début de saison

– une unique course, improvisée un mois avant au Montreux Trail Festival (MXSKY, où je devais être bénévole initialement) sur 30 km, qui ont été très difficiles pour moi

– une douleur lancinante au cuboîde (petit os de forme cubique au milieu du pied) dès le mois de juillet, sûrement due à un affaissement de voûte plantaire

– et pour finir une entorse 15 jours avant le départ ….

1 massage-pieds

Ainsi 15 jours avant le départ je rumine : je ne peux pas courir, je ne conçois pas de courir, je ne serai pas capable de venir à bout de cet enchainement monstrueux de rochers; et puis j’ai très peur de souffrir, comme l’année dernière sur le Grand Raid de la Réunion (la Diagonale des Fous); je ne sais pas si je serai capable de vivre et supporter cela … Finalement j’en parle au téléphone 8 jours avant à Philou (Philippe Gayral, mon coach du groupe 2EP), lequel me dit « si tu ne veux pas la faire, ne la fais pas ».

Je suis soulagée de cette réponse, mais au même moment il me fait prendre conscience que renoncer me donnerait des regrets, cela est inconcevable ! Je réfléchis : un départ suivi d’une abandon sera plus honorable à mes yeux qu’un forfait non partant, alors j’ai le déclic : j’y vais, peu importe le résultat (il y a 3 ans, je n’étais pas allée chercher mon dossard pour la Traversée Nord, la petite sœur de l’Echappée Belle). C’est une course qui me tient à cœur, je veux découvrir le massif de Belledonne…

Tout se déroule très vite ensuite :

  • constitution du phénoménal lot de matériel obligatoire et des vivres de course («opération survie»)

  • préparation du week-end de course avec Tomas (mon ami slovaque rencontré à la Diagonale) venu pour une virée au sommet du Mont-Blanc avec Jean-Marc, et qui est motivé pour participer à mon assistance pendant la course, après son ascension

Par chance pour moi, après que Tomas et Jean-Marc aient eu une prévision de fenêtre météo favorable le vendredi celle-ci s’avance au jeudi, ce qui m’assure d’avoir un duo de ravitailleurs de choc bien disponible pour l’Echappée Belle !

Nous calons donc les réservations d’hôtel au mardi, sachant que (malheureusement) j’apprends la veille que Dédé (André Rodier) ne sera pas parmi nous en raison d’une douleur tendineuse. Départ de la maison le mercredi matin avec une voiture prête à rendre l’âme; en fait rien n’est encore sûr …

Pendant le trajet mon ami Thomas (un cantalou cette fois-ci) improvise lui aussi sa confrontation au Mont-Blanc, en se libérant in extremis de son lieu de travail; et alors que rien n’est calculé tout se déroule pour le mieux. Je les attends le mercredi et le jeudi à Saint-Gervais tout en préparant mes affaires, et nous envisageons de rejoindre Vizille dès leur retour, pour récupérer mon dossard.

2 depart PR

Enfin tout n’est pas si simple, leur expédition se passe bien mais le tramway du Mont-Blanc connaît une panne, ils reviennent trop tard à l’hôtel, et je ne peux pas partir à temps pour récupérer mon dossard ! Heureusement je peux joindre Pascal Rudel, reporter photo de choc sur la course, pour savoir s’il peut essayer de faire cela à ma place; je croise les doigts, c’est mon seul espoir … ouf !!! Maintenant, après avoir échappé au contingent des non-partants, je peux me présenter au départ de l’Echappée …

Pas très fraîche ! car ayant dormi 2h30, mais tellement heureuse d’être là finalement. Je remercie mille fois Pascal qui « me sauve la vie » 20 minutes avant le départ.

Une ambiance presque intime, je suis dans la première vague (100 personnes par vague, et les départs se font en fonction), il y a beaucoup de filles (car notre cote ITRA a été augmentée de 100 points) ; le départ est à 4h00 et je me retrouve donc avec les élites ! J’ai l’immense plaisir de retrouver Daphné, qui avait couru avec moi en 2017 sur les 110 km de la Sancy – Puy-De-Dôme. Comme moi, elle n’en mène pas large, et lorsque elle me demande « comment tu sens la course ? » je lui réponds « le principal pour moi est de la finir, car je ne la sens pas du tout » .

Le départ est donné, nous sommes en queue de notre vague (les premiers partent à 18 km/h) et Daphné part finalement très vite aussi, me laissant, en slalomant pour remonter dans la masse des coureurs de devant.

Le parcours grimpe rapidement, je m’économise et je marche, comme tous dans mon groupe. Premier ravitaillement au bout de 3 h : Chamrousse j’avais pensé mettre beaucoup moins de temps ; ça m’énerve; alors à partir de ce moment je ne me focalise plus sur ma montre, je n’ai fait que 17 km et 1500 m de D+, je suis 322ème ; je remplis mes flasques; j’ai déjà bu un litre; mes ravitailleurs sont là, nous échangeons deux mots, j’enlève ma frontale, et je repars me replongeant dans ma bulle, car le parcours commence à être caillouteux et je dois me concentrer sur mes pas.

Peu de temps après, je croise Pascal dans un coin perdu : ça y est nous sommes rentrés dans le coeur de cette immensité sauvage et caillouteuse; je suis bien réveillée et en forme; je plaisante avec lui, il prend des clichés et je continue.

3 emergence-brouillard

Le passage à la Croix de Belledonne à 3000 m d’altitude est très rude : on passe 2 névés et je me trompe de parcours à deux reprises, d ailleurs je pense que certains coureurs se sont trompé de sens entre la montée et la descente, et même que d’autres ne sont pas allés jusqu’au sommet ; Je n’ai plus de forces dans les bras, je suis essoufflée, je ne comprend pas : à ce moment là j’ai oublié que mon état est lié à l’effet de l’altitude, Je peux voir Daphné, mais ce sera la dernière fois car elle va me distancer rapidement, surtout après avoir retrouvé son pacer (meneur d’allure).

Sur la descente, je fais du toboggan sur un immense névé; cela me rafraîchit car il fait très chaud et le vent nous dessèche complètement.

Et voilà que nous remontons déjà! pour passer un nouveau col : le pic de Freydane à 2645 m ; tout est à pic ici, et je m’adresse aux signaleurs : « celle-là elle se mérite ! »  « celle-là ? mais ce n’est que le début madame, il y en a beaucoup encore » me répond-il. Pas très encourageant tout ça, mais je m’en doute bien et de toutes façons j’aime bien les côtes, et quitte à être dans les cailloux autant les avoir en montée car sur les descentes c’est une autre histoire : j’ai l’impression de marcher sur des œufs.

Arrivée au refuge Jean Collet (1933 m) je suis 186ème ; on a fait 38 km et 3300 m de D+ ; mais cela fait déjà 8 heures que je suis en course et nous venons d’effectuer une grande descente ; je ne m’arrête pas, et à partir de là sur chaque ravitaillement je me charge de 1,5 l d’eau en plus de ce que je bois sur place ; cette fois-ci je mange bien et régulièrement mes barres sucrées et mes compotes; contrairement à mon ultra précédent, le GRR.

Je passe ensuite au refuge Habert Aiguebelle au km 47 ; je suis 170ème ; et après 11 heures de course j’en suis seulement à 4000 m de D+. Il ne me reste que 17 km pour rejoindre la base de vie suivante, où m’attendent Tomas et Jean-Marc. Cependant, loin de m’imaginer cela, je vais mettre 6 heures pour les rejoindre; et avec la chaleur souffrir de déshydratation, En revanche, le paysage somptueux me remplit d’aise, nous enchaînons les passages au bord de lacs de montagne (je ne les compte plus).

Ayant manqué d’eau, j’arrive donc désespérée, et pour le coup épuisée, au Pleynet (km 64, avec 5200 de D+ cumulés depuis le départ); je suis néanmoins 159ème ; presque la moitié( de la course en km ) de fait … il est 20h00 et j’ai effectué 16 heures de course.

4 col-moraine

Je vais mettre une heure pour repartir : je change les chaussettes : j’ai les pieds tout ratatinés par l’humidité de la transpiration ; je change aussi mon bandeau et mon tee-shirt ; je remets ma lampe sur le front ; ouf je suis contente de parler et de voir du monde, j’en oublie la course ; je me fais masser les jambes, et photographier par Pascal qui est là aussi. Les gars me rassurent quant à mon classement et ça me fait bien de les revoir. Cependant ils ne sont pas sûrs que je vais tenir (ils ne me le disent pas) ; je prends 2 thés Atma, dont je connaissais le créateur Yogi thé mais que je n’ai pas reconnu à ce moment là, il passait devant moi sans arrêt avec son thé et Jean-Marc m’a demandé 3 fois d’en prendre … c ‘est dire à quel point j étais fatiguée  ; un délice qui m’a fait du bien.

Je repars sans aucunement l’idée d’abandon puisque tout va bien dans le sens que je n’ai pas de douleurs particulières excepté « le feu » aux jambes, et une lourdeur aux épaules, à cause d’un sac vraiment trop lourd (4,2 kg). Je subis sûrement moins les effets de la déshydratation car j’ai beaucoup bu et je vais être dans mon élément : la nuit (13 ans de travail de nuit sont imprimés en moi malgré le fait que je sois une grande dormeuse maintenant).

Il fait nuit noire, j’ai froid puis chaud puis re-froid avec l’altitude (la gestion des vêtements requiert des manipulations de sac qui prennent du temps et de l’énergie ) ; je suis seule ; je vais doucement mais sûrement ; d’ailleurs ce nouveau tronçon commence en descente et il faut du temps avant que enfin ce soit la remontée, mais quelle remontée ! 3200m de D+ pour atteindre le prochain gros ravitaillement (Super Collet).

La notion de temps n’existe plus la nuit, et là c’est l’aventure totale, le but étant de ne pas se perdre ; c’est ce qui m’arrive pourtant ; ça grimpe tellement que je suis à quatre pattes dans les rochers, et je ne vois pas les balises qui sont cachées par les gros blocs que je dois enjamber pour éviter aussi de tomber dedans ; c’est interminable et quand j’arrive au sommet du Morétan (un nom qui restera gravé dans ma mémoire à jamais) j’entends : « tu sais ce qui t’attend maintenant ? »

Je dis «  NON !? » et il m’est répondu « eh bien tu as une grande descente sur un névé, mais il y a une corde, et une grande moraine, il y a une corde aussi » Je me dis « chouette » sauf que la corde n’est pas là pour rien ; après plusieurs chutes violentes je me laisse dévaler à fond sur les fesses, les glissades sont moins désagréables que les chutes, c’est même un moyen de progression très rapide.

5 cailloux-ravito

Toutefois je dois éviter de peu des blocs de rochers, à ce moment je me sens très seule, je me dis que cette assurance est bien légère, et je ne suis pas sûre d’arriver entière, surtout que ça glisse vite; je tiens fermement la corde mais c’est dur, et c’est long car après le névé la moraine me dévoile ses à-pics vertigineux ; heureusement que Jean-Marc m ‘a vaccinée contre le vertige. Je m’éloigne du seul point lumineux visible, en haut derrière moi, et avec la profondeur de la descente je m’enfonce dans la nuit.

Le jour se lève progressivement : dommage, je n ai pas vu le lever de soleil, à force de regarder mes pieds ; j’arrive finalement à 9h00 à Super Collet, au km 100 je suis désormais 102ème et j’ai cumulé 8300 m de D+ (il reste encore 50 km, mais je n’y pense pas), La nuit m’a permis de progresser au classement, et malgré l’insistance d’une personne bien intentionnée pour que je m’assoie (sûrement à la vue de ma tête de déterrée) ; je repars aussitôt après avoir ingurgité un café et un merveilleux pain aux noisettes (d’excellente qualité et biologique) que je n’oublierai pas.

Malheureusement je paie peut-être le prix d’un ravitaillement bâclé, car je partage le chemin avec les concurrents du parcours de 57 km, qui ne cessent de vouloir me doubler, et cela finit par m’énerver car il faut que je me pousse pour les laisser passer. En fait ils commencent leur course et ne peuvent pas me doubler aisément, alors ils soufflent derrière moi pour que je me décale et les laisse passer.

Quel moment horrible, je l’ai mal vécu mais je veux rester vigilante, car grâce aux messages d’encouragement de Philou je sais que je me rapproche de l’italienne Patrizia Pensa (qui a terminé 2ème l’année dernière (en 36 h, pour 146 km) ainsi je pourrais être dans le top 10 … En fait je ne la verrai jamais, car au ravitaillement suivant elle part quand j’arrive, puis me distance pour finir en 41 heures.

Par ailleurs, bizarrement, depuis le début, j’ai fait le « yoyo » avec une compatriote tchèque de Tomäs, Petra Muckova, qui a été classée 3ème femme en 2018 ; elle est d’esprit très compétiteur et ne souhaite pas faire de long discours avec moi, même si nous parlons un petit moment en anglais ; je lui explique donc qu’elle verra Tomäs au ravitaillement. Elle me confie de son côté : « il y a beaucoup de filles devant nous » ; ce dont je ne doute pas ( je sens sa démotivation).

6 sommet torrent lac

Ainsi nous resterons dans des positions proches la première journée; puis elle part loin devant moi au ravitaillement du Pleynet, mais dans la nuit je la doublerai au refuge de l’Oule (avant le Morétan) pour ne plus la revoir ensuite car je la distance rapidement, puis elle abandonnera à Super Collet à 10 h du matin.

Donc après Super Collet le prochain ravitaillement est Val Pelouse, 18 km plus loin ; là je sais que Tomäs et Jean-Marc y seront, ainsi j’arrive à 15h00, je ne les ai pas vu depuis la veille. Mais le temps a passé vite, je ne me suis surtout pas ennuyée comme dirait ma fille Camille, mon esprit a divagué dans de doux rêves concernant mes enfants qui restent omniprésents dans mon esprit ; je me sens submergée dans un océan de zénitude ; la nature m’enveloppe, et bien qu’elle soit sauvage et rude sa beauté me transporte .

Un beau moment, sur le chemin Tomäs et Pascal sont là ; enfin je peux converser ; ça me manquait un peu ; le ravitaillement est à 10 minutes ; ouf, arrivée à Val Pelouse, je change de nouveau de tee -shirt, pour me sentir propre ; je me fais masser ; mes pieds ont souffert : j’ai des ampoules ; je bois deux soupes ; je voudrais alléger mon sac mais je ne peux pas … je suis servie comme une reine, les gars n’arrêtent pas de rigoler et je m’attarde trop, mais maintenant l’idée est de finir.

Je suis parvenue à la 97ème place, mais je me ferai remonter, pour deux raisons :la première est que je n’ai pas changé de chaussures à ce moment-là et la seconde est que j’aurais dû me strapper les quadriceps car la douleur m’a ralentie dans la descente suivante. Je repars en attaquant une immense côte mais nous avons effectué 9900 m de D+ alors c’est une des dernières ; il fait froid mais je ne veux pas m arrêter pour me couvrir .

Je revois mes gars 17 km plus loin : Le Pontet ; là je sais que je vais finir ; je change les chaussures et me strappe les quadriceps. Il est 19h32, je remets la frontale pour le début de la 3ème nuit, je suis alors 100ème au km 136, j’en suis à 39 h30 de course !

Il ne reste plus que 700 m de dénivelé ; moins qu’un Puy-de-Dôme et un Val de Courre … La suite est facile, je cours sans douleur et c’est de la descente ; je croise Sylvain ( un autre ami connu lors du GRR, (il a abandonné comme 50 % des engagés, on finit à 20 filles !) Il m’attend et m’accompagne jusqu’à la fin et l’arche d’arrivée ; tout est tellement étrange : 42h15 d’efforts pour se dire est-ce que tu vas y arriver, il faut y arriver, tu vas lâcher …Et puis voila : ça c’est fait !

7 cloche micro

Et puis cette cloche sur la ligne que je n’ai même plus la force de faire sonner ; cette ambiance de fête dans la nuit ; l’interview masquée ; Daphné est là, les amis sont là, vous êtes là aussi. Tout est difficile dans un ultra, mais celle ci est tellement belle, belle comme une échappée …

Je viens de finir mon 3eme ultra trail d’au moins 150 km. Le seul où la douleur n’a pas été violente et tenace. Et mon envie de continuer, ou plutôt de recommencer l’aventure, est toujours aussi forte ; et cela afin de partager mes craintes, mes larmes, mes sourires : mes émotions pures.

Merci à vous tous (famille, amis, compagnons d’entrainement) qui me faites partager cela ; merci à vos encouragements et toutes vos attentions à mon égard … Et à bientôt pour d‘autres aventures !

Mon classement final : 102ème sur plus de 500 partants (50% d’abandons), 11ème féminine et 1ère de la catégorie M3 (50-55 ans).

Florence Beynel

Photos : Pascal Rudel, Jean-Marc Morschel, Tomas Tacio, Florence Beynel

Voir l’article (abondamment illustré, ça va sans dire) de Pascal Rudel sur son site :

https://pascalrudelphotography.com/2020/09/04/l-echappee-belle-2020/

classements :

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site événement : https://www.lechappeebelledonne.com/

A propos de Olivier Siméon

Au club depuis 2009. (vice-président). Courses nature et sur route. Partisan actif du covoiturage.

Un commentaire

  1. Sublime performance !
    Bravo Florence

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