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Marathon de New York : une aventure fabuleuse – 3/11/2019

Marathon de New York : une aventure fabuleuse – 3/11/2019

L’aventure commence le 16 décembre 2018. Jef Pontier invite à mon insu une bonne bande de copains pour fêter mes 60 ans, la fête se termine par un super cadeau : le dossard et l’inscription au marathon de NY. Une fois l’euphorie et l’émotion passées, je me dis : « aie aie aie ! C’est pas un cadeau empoisonné ça ? Je n’ai fait qu’un seul marathon dans ma vie en 1987, et déjà la distance m’avait paru longue, saisi par les crampes sur les 3 derniers km. Et depuis 32 ans, je n’ai plus fait de compétition supérieure à 25 km, mais c’est un beau challenge, faut s’y mettre maintenant ».

Et c’est ainsi que depuis janvier 2019, mon esprit et mes jambes se sont mis en mode « prépa marathon » C’est un peu long me direz-vous mais il fallait bien ça pour que je puisse relever ce défi. Les semaines et les mois se sont enchaînés sans réel problème, les quelques kilos perdus, un petit stage au Kenya, une assiduité et une motivation à toutes épreuves, me faisant gagner quelques secondes au km, et relevant à la hausse mon ambition avec un objectif de 3 h 45 mn, que j’ai réévalué à 3 h 30 au bout de 5 ou 6 mois.

Les km se sont accumulés et la peur de me blesser a augmenté proportionnellement à mon total kilométrique parcouru. Et puis il y a eu l’épisode de l’agence de voyage Thomas Cook en faillite, qui pendant quelques jours a failli anéantir tout le bénéfice de cette préparation. Pour finalement m’annoncer le maintien du voyage et ainsi relancer tous mes espoirs de réussite. A quinze jours de la date fatidique, la diminution de la charge d’entraînement a fait croitre de mauvaises sensations et un déménagement à une semaine de l’épreuve, me mettant le dos en vrac, est venu ajouter à mes incertitudes de pouvoir terminer ce sacré marathon.

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Philippe (bleu France) à côté de Dominique Chauvelier, avec une fraction des 2700 compatriotes inscrits

Et puis enfin le vol, l’arrivée à New York, les ballades dans le gigantisme américain, les visites en marchant, la découverte du site de l’arrivée à Central Park, un mal de dos toujours tenace, et le départ qui se rapproche avec toutes les questions qu’on se pose, le doute qui prend de l’ampleur, la peur de « merder », la peur de ne pouvoir arriver …

Dimanche 3 novembre : lever 4h30 (merci à Patrick mon coloc de chambre de m’avoir réveillé, on changeait d’heure à NY cette nuit, je me suis fourvoyé dans la mise à jour de ma montre et je croyais qu’il nous restait encore 1 h à dormir, quel boulet !). Bon, après 1 h 40 de bus pour rejoindre la zone de départ, puis 1 heure d’attente dans une zone réservée, puis encore 45 mn dans la zone de départ à essayer de faire quelques exercices d’échauffement dans 1 m2, le coup de canon libérateur est enfin donné.

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J-2 – dernier entrainement, sur le champ de bataille

9 h 40 : des milliers de coureurs dans ma zone mais aussi des milliers dans 5 autres zones s’élancent sur le pont Verrazano. C’est parti, j’essaie le plus vite possible de me mettre dans mon allure, 5 mn au kilomètre. Tout se passe assez bien, les kilomètres s’enchaînent entre 4’ 50 et 5’, le souffle est nickel, j’enchaîne les ravitaillements comme j’avais prévu (en marchant le temps de remplir ma flasque).

Déjà au km 12, j’ai les jambes un peu lourdes et je me dis : « c’est pas gagné, il me reste encore 30 km ». Les ponts se suivent et se ressemblent, toujours un peu plus fatigants, mais bon, la marque du semi arrive, toujours les jambes un peu lourdes mais l’allure et la respiration restent les mêmes et conformes à mon objectif. Puis le panneau 25 km, toujours cette fatigue grandissante dans les jambes mais j’y crois encore car le cardio ne bouge pas 140 pulsations /mn au compteur, et ça c’est plutôt bien.

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Au 30ème km, grosse alerte : une « piqûre » vient de me lancer dans le mollet. Aïe, je connais cette blessure, elle m’accompagne depuis plus de 15 ans. Un problème d’adhérence issu de vieux claquages dans une autre vie d’athlète (c’est pas moi qui le dit c’est mon kiné !) . Je marche quelques mètres et je me rappelle que j’ai parfois réussi à calmer la douleur en repassant en mode footing. C’est ce que je fais, je tombe l’allure de 20-25 sec par km et je croise les doigts. Les kilomètres s’enchaînent, la douleur diminue, réapparaît sur quelques appuis, je ralentis de nouveau … en gros je gère. Ça me fait même oublier mes jambes lourdes.

Je compte les kilomètres restants, plus que 4, plus que 3, plus que 2 et là je le dis « allez, il reste 2 kilo, je vais remettre les gaz, au pire je finirai en marchant mais si ça tient ça sera toujours ça de gagné ! » Et je passe d’un km en 5’ 15, à un avant-dernier en 4’ 40 et un dernier en 4’ 18. Le mollet me fait mal mais tant pis, il ne me reste plus que 200 m.

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la ligne d’arrivée, synonyme de remise de médaille de finisseur

Et c’est enfin une joie immense, ces derniers kilomètres où je double une centaine de concurrents, où je vois cette ligne d’arrivée dans Central Park avec des milliers de spectateurs qui m’encouragent, le temps qui s’écoule. 3 h 37 depuis le coup de canon … mais je suis bien passé au moins 1’ 30 après les premiers sur la ligne de départ … et ça fera 3 h 35 mn 36 s de temps réel.

32 ans entre les 2 seuls marathons que j’ai réalisés dans ma vie et 1 h 7 mn de durée les séparent. A quelques minutes de mon objectif mais c’est vraiment anecdotique. Il me restera beaucoup de souvenirs, beaucoup de joie de cette formidable aventure. Je retiendrai juste cette phrase : « je l’ai fait et je suis finisher au marathon de New York » n’est ce pas le plus important ?

Philippe Guilbaud

 

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des statistiques pour les matheux

Photos : Philippe Guilbaud, ses copains, organisation

https://www.nyrr.org/tcsnycmarathon

 

A propos de Olivier Siméon

Au club depuis 2009. (vice-président). Courses nature et sur route. Partisan actif du covoiturage.

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